
Contrairement à une croyance répandue, les nuages à La Réunion n’offrent aucune protection solaire ; ils masquent un danger invisible et extrême, rendant l’application d’un indice 50+ vitale à tout moment.
- Le rayonnement UV à La Réunion atteint des niveaux extrêmes (indice 15 à 20), bien au-delà de l’échelle maximale de l’OMS, en raison de la proximité de l’équateur et de l’altitude.
- La fraîcheur en altitude (Cilaos, Maïdo) et le contact avec l’eau (baignade, cascades) créent un « piège perceptif » : la sensation de brûlure est absente alors que les UV sont intensifiés.
Recommandation : Adoptez une discipline de protection absolue. La barrière physique (lycra, zinc) est toujours supérieure au filtre chimique, et l’indice 50+ doit être réappliqué toutes les deux heures, sans exception, quel que soit le temps ou l’activité.
Imaginez la scène. Vous descendez de l’avion à l’aéroport Roland-Garros, une chaleur moite vous enveloppe, mais le ciel est couvert d’une couche de nuages grisâtres. Soulagé, vous vous dites que pour cette première journée, la crème solaire pourra attendre. Vous venez de commettre l’erreur la plus fréquente et la plus dangereuse pour un vacancier à La Réunion. En tant que dermatologue, mon rôle est de vous alerter : ce sentiment de sécurité est une illusion qui peut avoir des conséquences irréversibles sur votre peau. La protection solaire n’est pas une option sur cette île ; c’est une question de santé publique, et les conseils habituels ne suffisent pas.
La plupart des guides vous diront de mettre un indice 50, mais sans expliquer la gravité de la situation. On parle ici de niveaux de rayonnement UV qui sortent littéralement des échelles mondiales. La proximité de l’île avec le tropique du Capricorne crée des conditions uniques où les nuages, loin de filtrer les UV, les réfléchissent et les diffusent, créant un véritable four à micro-ondes invisible. Croire qu’être mouillé rafraîchit et protège ou que la fraîcheur des Hauts est un gage de sécurité sont des mythes mortels. La sensation de brûlure, ce signal d’alarme naturel de votre corps, est totalement anesthésiée par le vent et la fraîcheur, alors que vos cellules cutanées subissent des dommages profonds, lit du futur mélanome.
Cet article n’est pas un guide de voyage. C’est une consultation d’urgence. Nous allons déconstruire ensemble les fausses croyances et les pièges perceptifs liés au soleil réunionnais. Nous analyserons scientifiquement pourquoi une crème « waterproof » ne suffit pas pour une session de snorkeling, pourquoi un simple t-shirt en coton est une protection illusoire en randonnée, et pourquoi vous brûlez plus vite à Cilaos par 15°C qu’à Saint-Gilles par 30°C. L’objectif est simple : vous donner les clés pour comprendre le danger et adopter les seuls gestes qui protègent réellement votre peau et celle de vos enfants dans cet environnement aussi magnifique qu’impitoyable.
Pour vous guider à travers les spécificités de la protection solaire dans cet environnement unique, nous avons structuré cet article en plusieurs points essentiels. Chaque section aborde une situation concrète, déconstruit une idée reçue et vous apporte une réponse médicale et pratique.
Sommaire : Comprendre les pièges du soleil à La Réunion pour une protection sans faille
- Waterproof ou résistante : quelle crème tient vraiment après 1h de snorkeling ?
- Lycra ou crème : quelle est la protection la plus sûre pour un enfant de 3 ans ?
- Aloe Vera ou Biafine : quel remède local pour apaiser une brûlure solaire rapidement ?
- L’erreur de croire qu’être mouillé protège du soleil (au contraire)
- Coton ou synthétique anti-UV : que porter pour randonner sans cuire ?
- L’erreur de ne pas mettre de crème solaire à Cilaos à cause de la fraîcheur de l’air
- Zinc ou filtres chimiques : pourquoi votre crème solaire tue-t-elle les coraux ?
- Que signifie le drapeau rouge avec un requin au centre (Vigie Requin) ?
Waterproof ou résistante : quelle crème tient vraiment après 1h de snorkeling ?
La mention « waterproof » sur votre crème solaire est l’un des mirages les plus dangereux dans le lagon réunionnais. Ces termes sont réglementés mais souvent mal interprétés. Une crème « water-resistant » garantit une protection pendant 40 minutes d’immersion, tandis qu’une « waterproof » étend cette durée à 80 minutes. Cependant, ces tests sont réalisés en laboratoire, en eau douce et sans frottement. La réalité du snorkeling à L’Ermitage ou à La Saline est tout autre : l’eau salée, la transpiration sous le soleil de plomb et le frottement du masque et du tuba dégradent l’efficacité de la protection bien plus rapidement.
Les moniteurs de plongée locaux, qui passent leurs journées dans l’eau, ont depuis longtemps abandonné l’idée qu’une crème seule puisse suffire. Leur technique est une combinaison de bon sens et d’efficacité maximale : une barrière physique. Ils appliquent un stick de zinc épais sur les zones les plus exposées et critiques (nez, oreilles, pommettes) et portent un lycra anti-UV pour le torse et les bras. La crème, même waterproof, n’est utilisée qu’en complément sur les zones restantes comme les jambes ou la nuque, et sa réapplication est systématique après chaque sortie d’eau, même courte.
Ce tableau, basé sur les recommandations et l’expérience de terrain, illustre la différence entre la promesse marketing et la réalité de la protection aquatique sous les tropiques.
| Caractéristique | Water-Resistant (40 min) | Waterproof (80 min) | Efficacité réelle à La Réunion |
|---|---|---|---|
| Durée théorique de protection | 40 minutes dans l’eau | 80 minutes dans l’eau | Réduction de 30% due à la salinité élevée |
| Résistance à la transpiration tropicale | Faible à modérée | Modérée à bonne | Ré-application toutes les 30 min recommandée |
| Technique des moniteurs locaux | Stick de zinc sur zones critiques (nez, oreilles) + lycra anti-UV = protection optimale | ||
| Impact sur les coraux | Éviter oxybenzone et octinoxate – privilégier oxyde de zinc et dioxyde de titane | ||
En conclusion, ne confiez jamais votre peau à la seule mention « waterproof ». Pensez « barrière » avant de penser « filtre ». Un lycra UPF 50+ et un stick de zinc sont vos meilleurs alliés pour profiter du lagon en toute sécurité, bien plus qu’une crème qui promet une résistance illusoire.
Lycra ou crème : quelle est la protection la plus sûre pour un enfant de 3 ans ?
Lorsqu’il s’agit de la peau extrêmement fragile d’un jeune enfant, il ne peut y avoir aucun compromis. La question n’est pas « lycra ou crème ? », mais « lycra ET crème ». En dermatologie pédiatrique, le principe est clair : la meilleure protection est la protection physique, car elle est constante, visible et ne dépend pas d’une réapplication parfaite souvent compliquée avec un enfant qui joue. Un t-shirt en lycra anti-UV certifié UPF 50+ est la base absolue et non négociable de la protection. Contrairement à la crème, son efficacité ne diminue pas avec la transpiration, les baignades ou les frottements dans le sable.
Le kit de protection idéal pour un « marmaille » (enfant en créole réunionnais) sur les plages comme Boucan Canot ou l’Étang-Salé est une forteresse anti-UV. Il se compose de plusieurs couches de défense :
- Un T-shirt lycra anti-UV (UPF 50+), si possible à manches longues.
- Un chapeau à larges bords avec un protège-nuque.
- Des lunettes de soleil de catégorie 4, la plus haute protection.
- Une crème solaire à filtres minéraux (oxyde de zinc, dioxyde de titane) SPF 50+, appliquée généreusement sur toutes les zones non couvertes (visage, mains, pieds, jambes).
Cette approche multi-barrières est la seule réponse adéquate à l’agression solaire réunionnaise. Sur des plages comme celle de l’Étang-Salé, le sable volcanique noir peut atteindre 60°C, rendant les chaussures aquatiques indispensables pour éviter les brûlures aux pieds. Surtout, l’exposition directe doit être totalement proscrite aux heures les plus dangereuses, entre 10h et 14h, même à l’ombre d’un parasol, car la réverbération sur le sable et l’eau reste extrêmement puissante.
Comme le rappelle très justement Masanté Réunion dans son guide de prévention, « à La Réunion, l’ensoleillement est important toute l’année, il est donc conseillé d’opter pour la protection maximale conseillée pour votre type de peau quelle que soit la période ». Pour un enfant, cette protection maximale est et restera toujours la barrière physique.

Cette image illustre parfaitement la protection optimale : le vêtement anti-UV agit comme un bouclier permanent, ne laissant à la crème que le rôle de protéger les zones restantes. C’est la seule stratégie viable pour la peau immature d’un enfant.
En définitive, pour un enfant de 3 ans, la crème solaire n’est qu’un complément indispensable à la protection vestimentaire. Le lycra anti-UV n’est pas une option, c’est l’assurance-vie de sa peau pour l’avenir.
Aloe Vera ou Biafine : quel remède local pour apaiser une brûlure solaire rapidement ?
Malgré toutes les précautions, un coup de soleil peut vite arriver. Face à une peau rouge, chaude et douloureuse, le choix du premier soin est crucial. À La Réunion, deux produits sont souvent cités : la Biafine, incontournable des pharmacies françaises, et l’aloe vera, plante providentielle qui pousse abondamment sur l’île. Or, ces deux produits ne répondent pas au même besoin et ne doivent pas être utilisés de la même manière. Il ne s’agit pas de choisir l’un contre l’autre, mais de comprendre leur rôle respectif dans le processus de guérison.
La Biafine est un médicament, une émulsion pour application cutanée indiquée pour le traitement des brûlures du premier degré. Son rôle est de créer un effet pansement humide qui favorise la cicatrisation et calme la douleur initiale. Face à un coup de soleil avéré (une brûlure), c’est le premier réflexe à avoir. Selon les recommandations thérapeutiques officielles de Biafine, une application en couche épaisse, renouvelée 2 à 4 fois par jour, permet une cicatrisation en 7 jours pour les brûlures du 1er degré. C’est le traitement d’attaque de la brûlure.
L’aloe vera, particulièrement le gel frais produit localement, est un excellent hydratant et apaisant. Il est idéal pour soulager la peau après une exposition solaire qui n’a pas viré au coup de soleil, ou dans les jours qui suivent une brûlure légère, une fois que la phase inflammatoire aiguë est passée. Son pouvoir hydratant va aider la peau à se régénérer et à limiter la desquamation (la peau qui pèle). Utiliser l’aloe vera sur une brûlure vive n’est pas la meilleure option ; la Biafine aura un effet réparateur plus puissant au stade initial.
Pour gérer au mieux les suites d’une exposition au soleil réunionnais, voici un plan d’action concret à intégrer à votre trousse de secours.
Votre plan d’action post-soleil à La Réunion
- Soin d’urgence (brûlure) : Appliquez immédiatement de la Biafine en couche épaisse sur la zone rouge et douloureuse. Laissez pénétrer sans masser. Répétez l’opération plusieurs fois dans les 24 premières heures.
- Soin d’entretien (post-exposition/jours suivants) : Une fois la douleur vive calmée, utilisez un gel d’aloe vera local pour hydrater en profondeur et apaiser la peau.
- Cicatrisation avancée : Pour les peaux très sèches ou pour accélérer la réparation, l’huile de Tamanu (ou Calophyllum), disponible à La Réunion, est reconnue pour ses propriétés anti-inflammatoires et cicatrisantes.
- Hydratation interne : Buvez abondamment de l’eau (au moins 2 litres par jour) pour aider votre peau à se réhydrater de l’intérieur.
- Consultation : En cas de cloques, de fièvre, de maux de tête ou si la brûlure est étendue, consultez immédiatement un pharmacien ou un médecin. Des pharmacies de garde sont disponibles le week-end dans les principales villes.
En résumé, ne les opposez pas : la Biafine est le pompier qui éteint l’incendie, l’aloe vera est l’architecte qui aide à la reconstruction. Avoir les deux dans sa trousse de secours est la stratégie la plus intelligente.
L’erreur de croire qu’être mouillé protège du soleil (au contraire)
C’est l’un des pièges perceptifs les plus redoutables à La Réunion : la sensation de fraîcheur procurée par l’eau, que ce soit lors d’une baignade dans le lagon ou sous les embruns d’une cascade, est totalement déconnectée du niveau d’agression UV que subit votre peau. Non seulement l’eau ne protège pas, mais elle peut même aggraver les effets du soleil de deux manières. Premièrement, la protection offerte par l’eau est quasi nulle. Des études montrent que l’eau claire laisse passer jusqu’à 95% des UV. Être immergé à 50 cm de profondeur dans le lagon de l’Ermitage revient à être quasi directement exposé au soleil.
Deuxièmement, et c’est le phénomène le plus pervers, les gouttelettes d’eau qui restent sur votre peau après une baignade agissent comme de minuscules loupes. Ce phénomène de réfraction, ou « effet loupe », concentre les rayons UV sur de petites zones de votre épiderme, augmentant localement leur intensité et le risque de brûlure. Vous ne sentez rien, car l’évaporation des gouttelettes vous rafraîchit, mais votre peau, elle, est en train de « cuire » à vitesse accélérée. C’est un danger invisible mais scientifiquement prouvé.
Ce phénomène est particulièrement visible dans les sites de randonnée aquatique. Les cascades de Langevin ou le Bassin des Aigrettes sont des exemples parfaits de ce piège. La combinaison des gouttelettes en suspension, de l’effet loupe sur la peau mouillée et de la réverbération des UV sur les roches volcaniques sombres et humides (qui peut augmenter l’exposition de 50%) crée un cocktail explosif. Les randonneurs aquatiques finissent très souvent leur journée avec des coups de soleil sévères sur le visage, la nuque et les épaules, des zones qu’ils pensaient protégées car régulièrement immergées ou arrosées.

Cette image macro illustre précisément le danger : chaque goutte d’eau devient une lentille qui focalise l’énergie destructrice des UV sur votre peau. C’est pourquoi le réflexe de s’essuyer après la baignade et de réappliquer immédiatement de la crème solaire est un geste de survie à La Réunion.
Ne vous fiez donc jamais à la sensation de fraîcheur de l’eau. Elle est un masque qui cache une agression intense. L’eau appelle à une vigilance redoublée : séchage systématique et réapplication immédiate de la protection solaire.
Coton ou synthétique anti-UV : que porter pour randonner sans cuire ?
Le choix du textile pour une randonnée à La Réunion est aussi crucial que le choix de ses chaussures. L’erreur classique du vacancier est de partir avec un simple t-shirt en coton blanc, pensant qu’il le protégera du soleil. C’est une illusion dangereuse. Si un t-shirt en coton sec offre une protection très limitée (équivalente à un indice UPF de 5 à 10), cette protection s’effondre littéralement lorsqu’il est mouillé. Une étude a montré qu’un T-shirt en coton blanc mouillé par la sueur voit son facteur de protection (UPF) chuter à moins de 5. C’est une protection totalement dérisoire face à l’intensité des UV en altitude sur les sentiers du Piton de la Fournaise ou de Mafate.
Le coton agit comme une éponge : il absorbe la transpiration, met un temps infini à sécher, reste collé à la peau et devient quasi transparent aux UV. Pour la randonnée tropicale, les textiles synthétiques à manches longues certifiés UPF 50+ ou la laine mérinos légère sont les seules options viables. Ces matières ont plusieurs avantages décisifs :
- Respirabilité : Elles évacuent la transpiration vers l’extérieur, gardant la peau plus sèche.
- Séchage rapide : Après une averse tropicale ou un effort intense, elles sèchent en quelques minutes.
- Protection constante : Leur tissage serré bloque les UV de manière efficace, et cette protection n’est pas altérée par l’humidité.
- Régulation thermique : La laine mérinos, en particulier, est excellente pour gérer les écarts de température, fréquents dans les cirques.
Le choix du textile doit même s’adapter au type de randonnée emblématique que vous prévoyez de faire sur l’île, car les conditions varient énormément d’un site à l’autre.
| Type de randonnée | Textile recommandé | Caractéristiques | Protection UPF |
|---|---|---|---|
| Piton de la Fournaise (2632m) | Synthétique respirant manches longues | Résiste au vent, sèche rapidement, protection altitude | UPF 50+ |
| Cirque de Mafate | Laine mérinos légère | Régulation thermique naturelle, anti-odeur | UPF 30-40 |
| Forêts de Bélouve | Synthétique ultra-respirant | Évite l’effet sauna en milieu humide | UPF 40+ |
En conclusion, laissez vos t-shirts en coton pour la soirée. En randonnée, considérez votre vêtement à manches longues certifié anti-UV comme votre première peau. C’est une armure légère mais indispensable contre un ennemi invisible.
L’erreur de ne pas mettre de crème solaire à Cilaos à cause de la fraîcheur de l’air
C’est sans doute le piège le plus sournois et le plus méconnu de La Réunion : le paradoxe de l’altitude. Vous quittez le littoral de Saint-Pierre où il fait 30°C pour monter à Cilaos, et vous êtes accueilli par un air frais et vivifiant à 18°C. Votre cerveau interprète immédiatement cette fraîcheur comme un signe de faible ensoleillement. C’est une erreur de jugement qui conduit systématiquement à des coups de soleil parmi les plus sévères de l’île. La réalité scientifique est inverse : plus on monte en altitude, plus le rayonnement UV est intense et dangereux.
L’atmosphère qui nous protège des UV s’amincit avec l’altitude. Selon les données de Météo France La Réunion, l’intensité des UV augmente de 10-12% tous les 1000m. À Cilaos, situé à 1214 mètres, le rayonnement que vous recevez est donc déjà 12 à 15% plus fort qu’au niveau de la mer. Ce phénomène est encore plus marqué au Maïdo ou à la Plaine des Sables (environ 2200m), où l’intensité UV est près de 25% supérieure à celle de la côte. Votre peau brûle donc beaucoup plus vite, mais la fraîcheur de l’air et le vent anesthésient complètement la sensation de brûlure. Vous ne vous rendez compte des dégâts que le soir, une fois de retour à l’hôtel, lorsque votre peau est écarlate.
Étude de cas : Le déjeuner en terrasse, un piège classique à Cilaos
Le scénario est typique : des touristes déjeunent sur une terrasse ensoleillée à Cilaos pour profiter de la vue imprenable sur le Piton des Neiges. Trompés par l’air frais et le petit vent, ils ne mettent pas ou peu de crème solaire. Le soir, ils souffrent de brûlures au premier, voire au deuxième degré, sur le visage, le décolleté et les avant-bras. Ils ont été victimes du « piège de la fraîcheur ». L’indice UV à Cilaos peut atteindre 15 à 20, des valeurs qualifiées d’extrêmes, dépassant largement le seuil maximal de 11 sur l’échelle de l’OMS.
Cette situation est si préoccupante qu’elle a fait l’objet de questions au gouvernement. Dans une réponse officielle, le Sénat français a confirmé que les dermatologues évaluent l’index UV à 13 voire 14 sur le littoral tout au long de l’année, et même 20 dans les zones de montagne de La Réunion. Ces chiffres sont exceptionnels à l’échelle mondiale et soulignent l’absolue nécessité d’une protection maximale en altitude.
Ne vous fiez jamais à la température. En altitude à La Réunion, votre seul indicateur de confiance doit être votre montre : appliquez un indice 50+ toutes les deux heures, que vous ayez chaud ou froid. Votre peau vous remerciera.
Zinc ou filtres chimiques : pourquoi votre crème solaire tue-t-elle les coraux ?
Se protéger est vital, mais pas à n’importe quel prix. La prise de conscience de l’impact écologique de nos choix est de plus en plus forte, et La Réunion, avec son lagon fragile classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, est en première ligne. Chaque année, des milliers de tonnes de crème solaire se déversent dans les océans, avec des conséquences désastreuses pour les écosystèmes marins, et en particulier pour les coraux. Le coupable ? Certains filtres chimiques UV présents dans la majorité des crèmes solaires conventionnelles.
Des substances comme l’oxybenzone et l’octinoxate sont de véritables poisons pour les coraux. Ils provoquent leur blanchiment, perturbent leur reproduction et leur croissance, et peuvent même les tuer à des concentrations infimes. Une étude publiée dans la revue *Archives of Environmental Contamination and Toxicology* a révélé que seulement 62 parties par milliard (ppb) d’oxybenzone suffisent pour être toxiques, soit l’équivalent d’une seule goutte dans six piscines olympiques. Plus récemment, l’Anses a également pointé du doigt la toxicité de l’octocrylène, une autre substance très répandue.
L’alternative existe et elle est simple : les crèmes solaires à base de filtres minéraux. Ces crèmes utilisent de l’oxyde de zinc ou du dioxyde de titane, des poudres minérales naturelles. Au lieu d’absorber les UV comme les filtres chimiques, elles agissent comme un miroir en les réfléchissant à la surface de la peau. Elles sont tout aussi efficaces et présentent l’immense avantage d’être sans danger pour la vie marine, à condition de les choisir sans nanoparticules. En choisissant une crème « ocean-friendly », vous faites un double geste : vous protégez votre peau et vous participez activement à la préservation du lagon réunionnais.
Pour vous aider à faire le bon choix en pharmacie ou en supermarché, voici une checklist simple pour identifier une crème solaire respectueuse de l’océan.
Guide d’achat : choisir une crème solaire qui protège le lagon
- Vérifiez la liste d’ingrédients : Cherchez et fuyez les noms « Oxybenzone » (ou « Benzophenone-3 »), « Octinoxate » (ou « Ethylhexyl Methoxycinnamate ») et « Octocrylene ».
- Recherchez les filtres minéraux : Les ingrédients actifs doivent être « Zinc Oxide » et/ou « Titanium Dioxide ». Ce sont vos alliés.
- Privilégiez la mention « sans nanoparticules » : Les particules « non-nano » sont plus grosses et moins susceptibles d’être ingérées par les coraux.
- Repérez les labels : Certains logos comme « Protect the ocean » ou des certifications écologiques peuvent vous guider, mais la vérification des ingrédients reste la méthode la plus sûre.
- Demandez conseil : Les pharmaciens à La Réunion sont de plus en plus sensibilisés à cette problématique et pourront vous orienter vers les marques engagées.
Protéger sa peau est un acte de responsabilité individuelle ; protéger le lagon est un acte de responsabilité collective. À La Réunion, les deux sont indissociables.
À retenir
- L’indice UV à La Réunion atteint des niveaux extrêmes (15-20) toute l’année, rendant l’indice 50+ non négociable, indépendamment de la couverture nuageuse ou de la température.
- La barrière physique (lycra UPF 50+, stick de zinc) offre une protection supérieure et plus fiable que les crèmes solaires, en particulier pour les enfants et les activités aquatiques.
- Les pièges perceptifs comme la fraîcheur de l’altitude (Cilaos) et le contact avec l’eau (effet loupe) masquent le danger réel et sont la cause des brûlures les plus graves.
Que signifie le drapeau rouge avec un requin au centre (Vigie Requin) ?
Au-delà du risque solaire, la sécurité à La Réunion passe par la compréhension de codes locaux spécifiques, notamment sur les plages. Voir un drapeau sur un poste de secours est une information visuelle immédiate, mais il est crucial de ne pas les confondre. Si le drapeau rouge classique signifie une interdiction totale de baignade (mer trop agitée, pollution…), le drapeau rouge orné d’un requin blanc au centre a une signification bien particulière et propre à l’île : il signale la présence du dispositif Vigies Requins Renforcées.
Contrairement à une idée reçue, ce drapeau n’indique pas une attaque de requin en cours. Au contraire, il signifie que la baignade et certaines activités nautiques (surf, bodyboard) sont autorisées, mais UNIQUEMENT dans une zone très précise et délimitée, actuellement sous la surveillance active d’une équipe spécialisée. Ce dispositif, déployé sur les spots de Boucan Canot et des Roches Noires, combine une surveillance humaine (plongeurs, kayakistes, observateurs) et technologique (caméras sous-marines) pour sécuriser un périmètre restreint.
Sortir de cette zone balisée lorsque le drapeau Vigie Requin est hissé, c’est s’exposer volontairement à un danger mortel. Le respect de ce code couleur est donc une question de vie ou de mort. Le hissage de ce drapeau dépend des conditions de mer, notamment de la visibilité sous-marine. S’il n’est pas là, ou si le drapeau est orange (baignade dangereuse mais surveillée) ou rouge classique, les activités nautiques et la baignade hors du lagon sont formellement interdites.
En définitive, que ce soit face au soleil ou face à l’océan, la clé de la sécurité à La Réunion est la même : ne jamais sous-estimer l’environnement, se renseigner sur les codes locaux et adopter une discipline de protection rigoureuse. Pour vérifier en temps réel l’état des plages et la présence des vigies, l’application « Info Requin 974 » est un outil indispensable à télécharger avant votre séjour.
Questions fréquentes sur la sécurité à La Réunion
Quelle est la différence entre le drapeau rouge classique et le drapeau Vigie Requin ?
Le drapeau rouge classique interdit totalement la baignade. Le drapeau Vigie Requin autorise la baignade UNIQUEMENT dans une zone surveillée activement par des vigies, des kayaks et des plongeurs.
Comment fonctionne le dispositif Vigies Requins Renforcées ?
Des kayakistes, des apnéistes de sécurité et des caméras sous-marines surveillent en permanence une zone délimitée à Boucan Canot ou aux Roches Noires pour sécuriser la baignade.
Comment savoir quelles plages sont ouvertes avant de se déplacer ?
Téléchargez l’application ‘Info Requin 974’ ou consultez le site web dédié pour connaître en temps réel l’état des plages et les zones de baignade autorisées.